GE200.CH

EVENEMENT

Le Club philatélique de Meyrin avec l’Union philatélique de Genève tiennent à participer activement aux manifestations de GE200.CH, en prenant part à la grande fête du 30 mai au 1er juin cette année.

Nous bénéficierons d’un espace dans la grande tente située sur la Rotonde au quai du Mont-Blanc. Cette tente accueillera également une exposition numérique sur Genève et le Cern sera aussi de la partie.

Auparavant nous organiserons, le 12 avril 2014, une grande exposition-bourse :

« …ET GENEVE DEVINT CANTON SUISSE ! »

sur le thème du rattachement de Genève à la Confédération.

Vous pourrez voir : des documents de l’époque napoléonienne jusqu’à nos jours, médailles, lettres, cartes postales et autres souvenirs originaux émis lors des différents anniversaires de la Restauration et de l’arrivée des Suisses au Port-Noir.

SAMEDI 12 AVRIL 2014 de 9h à 16h
Salle Antoine-Verchère – Route de Meyrin 297 – Meyrin-Village
Entrée gratuite

LE BICENTENAIRE DU RATTACHEMENT DE GENÈVE À LA CONFÉDÉRATION

A Genève, les festivités ont déjà commencé le 31 décembre 2013, elles vont continuer en mai et juin 2014 pour se terminer en 2015. Cela paraît un peu compliqué et mérite quelques explications.

Avant l’annexion par la France
Genève est une république libre et indépendante. Elle ne s’est jamais soumise ni aux évêques, ni aux ducs de Savoie successifs, ni aux rois de France. Pour se prémunir des velléités de ses voisins, elle passe un traité de combourgeoisie en 1519 avec Fribourg, en 1526 avec Berne (fig. 1) et en 1584 c’est avec Zurich, qui devient alliée et par là-même avec les Ligues suisses. Ces traités vont fonctionner à plusieurs reprises ; c’est de là que va germer, petit à petit, l’idée aux Genevois de rejoindre la Confédération.

FIG. 1 - 25 février 1526.
 Lettre du Cardinal Pierre de la Baume (1477-1544), dernier Evèque de Genève pour Berne concernant la nomination d’un ambassadeur.


FIG. 2 - 20 octobre 1792. Lettre du Colonel du 4me régiment de chasseur à cheval au quartier-général de Landecy pour le Colonel La Ferrière du 23me régiment d’infanterie en quartier à Modane. Taxe 4 sous pour une lettre à l’intérieur d’un même département selon loi du 22 août 1791. Marque « Armée du Midi ». Lettre décrivant l’arrivée de 2 escadrons de chasseurs à cheval pour être cantonné dans le Pays de Gex près de Versoix. Mention des événements se déroulant à Genève : « Genève a fait espérer un accommodement jusqu’à hier soir, les Magnifiques ont transgressé dans une conférence de hier et le Général en chef les a menacés de la raison du canon qui a déjà eu ordre d’arriver de Grenoble. Il serait souhaité qu’il fût déjà ici pour ne pas perdre les beaux jours qu’il fait et pour prévenir les Suisses au cas où ils veulent s’en mêler. »

En 1792, les troupes révolutionnaires françaises envahissent la Savoie. Genève se retrouve encerclée par la France puisqu’aucun territoire terrestre ne la relie à Vaud. Le péril de l’annexion par la France est de plus en plus pressant. (fig. 2) C’est en 1798 que Genève succombe à la politique expansionniste de la Révolution. Elle est occupée militairement le 15 avril et rattachée à la France. (fig. 3)

Genève, chef-lieu du Département du Léman
Dans le Traité de réunion à la France, Genève bénéficie de conditions favorables. On lui laisse l’administration des anciens biens publics. L’Eglise protestante, le Collège, l’Académie peuvent continuer leur vie propre sans ingérence française. Tenant compte de l’importance de la ville, on crée un nouveau département, le Département du Léman dont elle est le chef-lieu le 26 juillet 1798. (fig. 4)

Mais la France continue sur sa lancée et la guerre s’étend à toute l’Europe. La France devient un empire. L’économie locale est victime du marasme général. Une foule de pauvres doit recourir à l’assistance publique. Le peuple subit le poids de la conscription et beaucoup de jeunes soldats genevois vont périr pendant ces campagnes lointaines. (fig. 5) Si l’on ajoute à ces charges les réquisitions, les impôts toujours plus importants et tout le cortège de tristesses et de maux qu’entraînent à leur suite des guerres sans cesse renouvelées, on comprend que la flamme du patriotisme genevois couve sous la cendre et qu’un comité secret se forme en vue de préparer un retour à l’indépendance.

L’issue désastreuse de la campagne de Russie clôt l’ère des victoires napoléoniennes. La bataille de Leipzig, d’octobre 1813, s’achève par la retraite des Français, talonnée par les armées coalisées de Russie, d’Autriche et de Prusse. Le 21 décembre, le général autrichien Ferdinand de Bubna atteint Bâle. Son but est de gagner Genève et Lyon à travers la Suisse.


FIG. 3 - Bulletin des lois de la République No 215 du 26 avril 1798 concernant le traité de réunion de la République de Genève à la République française.

FIG. 4 - Carte du Département du Léman montrant ses frontières.


FIG. 5 - 7 juillet 1802. Arrêté des Consuls de la République française, relatif aux conscrits concernant l’organisation du recrutement de l’armée et les conscrits de réserve.

La Restauration
Bubna arrive à Lausanne le 27 décembre. La garnison française évacue Genève sans combat le 30, après une occupation de 15 ans. (fig. 6) Le même jour, Bubna et douze mille soldats autrichiens s’installent dans la ville. La commission de gouvernement, créée secrètement le 24 décembre, s’érige en gouvernement provisoire et quatre syndics sont désignés. Le 31 décembre, une proclamation est préparée annonçant l’indépendance. Elle sera lue dans les rues et sur les places le 1er janvier 1814. C’est la Restauration, qui rétablit la société dans l’état où elle se trouvait avant la Révolution.

Napoléon n’apprécie pas et promet de se venger de la ville traîtresse. Des troupes sont massées en Savoie voisine jusqu’à Carouge, mais les Autrichiens contiennent les assauts à coups de canons et de fusils. Dans la nuit du 22 au 23 mars, les Français évacuent brusquement et battent en retraite. Ce recul est motivé par l’entrée du prince de Hesse-Homburg dans Lyon, qui vient de tomber. Napoléon abdique le 31 mars à Fontainebleau et Louis XVIII devient roi de France.


FIG. 6 - 29 décembre 1813. Lettre en franchise du Général Jordy, Commandant de la Place de Genève pour Verdun, Chef d’escadron et aide de camp à son Excellence le Ministre de la guerre à La Vallée. Mention manuscrite : « Le Général commandant supérieur de Genève ». Texte : « Je viens de recevoir votre courrier en date du 28 courant. Je vous verrai entrer dans la place avec vraie satisfaction et quoique l’ennemi soit assez près de nous, il n’est pas encore dans le cap de vue des remparts. Je suis charmé que vous ayez des pouvoirs car nous avons bien des réformes ; si vous pouvez faire accélérer le plus possible l’arrière des troupes que vous m’annoncez ». Le lendemain, soit le 30 décembre 1813, le Général Jordy capitulait devant le Général Bubna.

Quel allait être l’avenir de Genève en tant qu’Etat ? En ce début de XIXme siècle, l’indépendance dans l’isolement était un idéal dépassé. L’époque des villes-Etats était révolue.Une seule solution s’impose, la solution suisse. Elle concilie le maintien d’une part importante de souveraineté avec la nécessité de s’agréger à un organisme plus fort pour se défendre et survivre. Les liens anciens entre Genève et les Suisses ajoutent un élément affectif à ce projet.

Genève fait appel aux Suisses
L’objectif fondamental du gouvernement est donc de transformer Genève en canton suisse. Grâce à la Restauration, et à Pictet de Rochemont, délégué au congrès qui vient de s’ouvrir à Paris, le gouvernement reçoit l’approbation des souverains et des hommes d’Etat étrangers.

 

Les Genevois demandent le 10 mai à la Diète, conformément aux intentions des Puissances, d’être occupée provisoirement par des troupes fédérales. Les Autrichiens quittent la ville le 17 mai, non sans quelques exactions surtout du côté de Meyrin, village encore français à cette époque. Le 21 mai, la Diète décide d’accorder une garnison de troupes suisses.
FIG. 7 - Genève 1er juin 1814. Les commandants des troupes suisses et genevoises se donnent l’accolade au Port-Noir.

Cette garnison est composée de deux contingents fribourgeois et un soleurois, soit un total de 300 hommes. Le 31 mai, trois barques vont à Nyon pour les recevoir et le 1er juin 1814, les contingents suisses quittent Nyon pour débarquer à Genève sous le bruit des mortiers et des salves de bienvenue, au bas de la côte de Cologny, au lieu appelé aujourd’hui Port-Noir. Le colonel Girard est accueilli par le major Micheli en lui donnant l’accolade. (fig. 7) Les premiers mots du colonel Girard sont remarqués : « Je suis charmé d’être le premier qui donne à Genève l’assurance de son agrégation au corps helvétique ». Le cortège se forme et entre en ville, salué par une foule qui ne cesse de lui témoigner sa joie par de continuelles acclamations. Ce 1er juin est synonyme de liberté et d’appartenance à la Suisse.


FIG. 8 - 11 août 1815. Lettre en franchise pour le Grand Baillif de la République et Canton du Valais. La franchise était accordée pour la correspondance adressée aux autorités cantonales. Marque Genève/Suisse avec trait court.

Mais Genève a encore deux conditions à remplir pour être admise dans la Confédération. Elle a besoin d’un agrandissement de son territoire qui lui permette le désenclavement et la contiguïté avec la Suisse. C’est ce à quoi va s’atteler Charles Pictet de Rochemont aux congrès de Paris et de Vienne. Le deuxième point est une constitution conservatrice, rassurante pour les cantons, qui est établie par une commission de sept membres. (fig. 8)

Enfin suisse
A la suite d’âpres négociations, tous les cantons acceptent Genève après Neuchâtel et le Valais. La signature a lieu le 19 mai 1815, à Zurich, ville où siège la Diète fédérale à cette époque, dans la maison de la Zunft zur Meise.

Le désenclavement n’est effectif qu’après les Traité de Paris de 1815 et celui de Turin de 1816. Sur la rive droite, sept communes du Pays de Gex et sur la rive gauche, vingt-quatre communes savoyardes viennent compléter le territoire genevois. (fig. 9)


FIG. 9 - 1816-1916. Les Communes de Versoix, Collex-Bossy, Bellevue, Pregny, Grand- Saconnex, Meyrin et Vernier ont érigé ce monument en souvenir reconnaissant de leur réunion à la République et Canton de Genève et à la Confédération Suisse.

Les fêtes commémoratives
Chaque année depuis 1814, la Restauration est fêtée le matin du 31 décembre, jour férié dans le canton. Elle commence, à l’aube, par un tir de 23 coups de canon, un par canton, suivie par une cérémonie officielle. Les autorités ont aussi fêté régulièrement lors d’anniversaire le débarquement du 1er juin. Le Cinquantième en 1864 n’a pas pu se dérouler à cause de troubles. Il est repoussé à 1869 pour le 55e anniversaire, année de l’inauguration du Monument National qui se trouve dans le Jardin Anglais au bord du lac. (fig. 10) Le Centième en 1914 est fêté de façon exceptionnelle. Les autorités vont jusqu’à reconstituer le transport des trois contingents et le débarquement au Port-Noir, puis le cortège à travers la ville avec la reproduction des anciennes portes de la cité. Les fêtes se prolongent toute la semaine par la représentation d’un spectacle patriotique « Fête de Juin » qui va attirer 60'000 spectateurs, ce qui est énorme pour l’époque. (fig. 11)


  F
IG. 10 - Le Monument National face au lac et à la Suisse.

Que ce soit encore le 125me en 1939, (fig. 12) le 150me en 1964 (fig. 13) et le 175me en 1989, toutes ces commémorations vont faire la joie des collectionneurs de cartes postales, de médailles et bien sûr des philatélistes.


FIG. 11 - Carte postale de la Société de la Restauration et du 1er Juin, munie de la vignette de la « Fête de Juin » ainsi que de la flamme postale du Centenaire.


FIG. 12 - Cachet postal complémentaire du 125me, sur fragment.


FIG. 13 - Souvenir philatélique à tirage limité édité par Pen.

Nous avons reproduit ici quelques documents de ces différentes commémorations.

Dominique RITTER / Christian NOIR

Sources :

- La Réunion de Genève à la Suisse. Notice historique par Albert Malsh – 1914.
- Centenaires genevois 1814-1914. Société suisse des Publications illustrées (Patrie Suisse) – 1914.
- Brève histoire de Genève – Louis Binz (3me édition) – 2000.
- Illustrations tirées des collections de Messieurs Dominique RITTER et Christian NOIR.

 

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Et en 2015

Les souvenirs philatéliques